
Note de la rédaction
La voie du progrès durable consiste à avancer en phase avec son époque. Fidèle à sa philosophie de formation « Fondations solides, diversité des parcours, vision globale et élite industrielle », le SJTU Paris Elite Institute of Technology s’engage de longue date à former des ingénieurs d’excellence dotés à la fois d’un profond attachement à leur pays et d’une véritable compétence internationale.
À l’occasion de la saison des diplômes de la promotion 2026, l’Institut lance la rubrique Histoires de diplômés, retraçant les parcours des étudiants partis du campus de Minhang, franchissant les frontières géographiques et culturelles, pour explorer les frontières de la recherche scientifique, s’illustrer sur les scènes d’échanges internationaux et s’engager en première ligne de la pratique industrielle, à la découverte de la beauté de l’ingénierie et de la responsabilité de leur époque.
✦ Profil du diplômé
Profile
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Peng Boyang
Institut d’Ingénierie d’Excellence de Paris, Shanghai Jiao Tong University
Diplômé d’excellence de la municipalité de Shanghai (Promotion 2026)
Spécialité : Génie mécanique
Axes de recherche : Mécanismes d’écoulement vibratoire induit par actionnement piézoélectrique ; Mécanique des solides
Expérience d’échange : Double diplôme à École Polytechnique (2,5 ans)
Poursuite d’études : Doctorat à l’École de génie mécanique et énergétique de Shanghai Jiao Tong University
Distinctions : Diplômé d’excellence de Shanghai ; Bourse académique de première classe (Master) ; Bourse académique de deuxième classe SPEIT ; Prix du Progrès ARDIAN
✦ Parcours de formation
Story
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01
Une expérience académique interculturelle précoce
/ SPEITERS
Comme beaucoup d’étudiants, Peng Boyang est entré à l’université avec des aspirations pour l’avenir et une grande soif de connaissance. Ce qui distingue peut-être son parcours tient à une expérience à l’étranger commencée très tôt, ainsi qu’aux graines qu’elle a semées dans sa vie académique — dont les effets ne se sont révélés que progressivement.
Au second semestre de sa troisième année, alors que la plupart de ses camarades approfondissaient leur spécialité ou préparaient une poursuite d’études en Chine, il a été sélectionné pour le programme de double diplôme avec l’établissement partenaire français de l’université, l’École Polytechnique. Commençait alors une immersion académique interculturelle de deux ans et demi.

▲ 彭泊洋于巴黎综合理工学院授剑仪式后
À Paris, il a découvert un environnement dont les conceptions pédagogiques et les modes d’apprentissage différaient sensiblement. Les discussions en classe n’avaient souvent pas de réponse standard. Les professeurs encourageaient les étudiants à formuler des questionnements argumentés, voire à redéfinir les problèmes eux-mêmes. Au début, cette nouveauté a suscité un profond sentiment de déstabilisation. La méthode d’apprentissage qu’il maîtrisait — absorber efficacement les connaissances et résoudre des problèmes — semblait atteindre ses limites. Il est ainsi passé de la confiance au doute, avant d’apprendre à observer et à réfléchir avec calme.

▲ 彭泊洋于巴黎综合理工学院课堂中
Dans le rythme académique relativement autonome en France, il disposait de beaucoup de temps libre. Il a progressivement compris qu’au-delà du perfectionnement technique existait une vision académique plus large et le plaisir d’explorer l’essence des choses. Il a appris à apprécier un état qui ne recherche pas le succès immédiat, qui autorise l’hésitation et la réflexion approfondie. Après deux ans et demi d’échange, il est revenu avec une sérénité rare et précieuse dans une époque rapide. Peut-être son rythme d’apprentissage technique a-t-il été temporairement plus lent que celui de certains camarades restés en Chine, mais ce temps apparemment « en retard » a forgé silencieusement sa manière de penser : plus indépendante, plus réflexive, et plus à l’aise face à l’incertitude inhérente à la recherche.

▲ 彭泊洋在实验室中制作样品研究空气动力学问题
02
Un explorateur avec une carte intérieure/ SPEITERS
De retour sur le campus, familier mais transformé, de la Shanghai Jiao Tong University, Peng Boyang a rejoint le Laboratoire national clé des systèmes mécaniques et des vibrations. En termes de calendrier, son engagement approfondi dans la recherche en tant qu’étudiant de master n’a pas commencé le plus tôt. Certains membres du laboratoire avaient déjà accumulé davantage d’expérience. Pourtant, il n’a montré aucune précipitation.
Fort de la maturation acquise à Paris, il s’est comporté comme un explorateur muni d’une carte intérieure. Plutôt que de se plonger immédiatement dans des détails techniques, il a consacré du temps à comprendre l’organisation globale du laboratoire, les orientations de chaque équipe et à dialoguer en profondeur avec ses propres centres d’intérêt. Il ne cherchait pas seulement un sujet prometteur, mais un thème en résonance avec ses valeurs académiques redéfinies.
C’est dans cette quête active que la thématique de la gestion thermique des puces électroniques a attiré son attention. Le sujet présente un enjeu d’ingénierie clair et urgent — résoudre les goulets d’étranglement thermiques des futures puces à haute puissance — tout en impliquant des problématiques fondamentales complexes en dynamique des fluides microscopique et en couplage matériau-structure piézoélectrique. Cette combinaison répondait à son désir profond de comprendre non seulement « comment faire », mais surtout « pourquoi ». Choisir ce domaine fut pour lui un engagement volontaire vers un territoire intellectuel à cultiver.

▲ 彭泊洋参加热管理大会并在会议上提问
Une fois la direction fixée, les compétences acquises à l’étranger se sont transformées en véritable accélérateur. Son autonomie d’apprentissage, son habitude de lecture critique et sa méthodologie d’analyse des systèmes complexes lui ont permis d’identifier rapidement les enjeux centraux de son sujet. La patience et la sérénité développées en France l’ont aidé à affronter les répétitions et les revers inévitables du début de toute recherche. Il analysait soigneusement chaque résultat expérimental imparfait afin d’en extraire des pistes utiles. Grâce à cette constance intérieure, il a obtenu des progrès solides et systématiques, avec des résultats fructueux en publications scientifiques et en dépôts de brevets.
Forger la confiance d’un ingénieur d’excellence par la pratique industrielle
/ SPEITERS
Un ingénieur moderne ne doit pas limiter son regard aux instruments du laboratoire. Peng Boyang a compris que transformer une percée théorique en valeur concrète suppose une compréhension profonde des besoins industriels. Dans le cadre du programme de formation d’ingénieur de l’institut, il a effectué deux stages complémentaires : au sein de la Commercial Aircraft Corporation of China et à la Gigafactory de Shanghai de Tesla, Inc..
Chez COMAC, il a appréhendé l’innovation technologique sous l’angle des politiques liées aux nouveaux matériaux et de la gestion de la propriété intellectuelle. Il a pris conscience qu’une technologie avancée doit franchir, au-delà des obstacles scientifiques, des barrières réglementaires, normatives et stratégiques. Il a ainsi développé une vision plus globale de l’écosystème de l’innovation.
À la Gigafactory de Shanghai de Tesla, il a été plongé dans un environnement d’ingénierie caractérisé par l’efficacité extrême et l’itération rapide. Dans des projets de simulation et d’optimisation structurelle, il a dû transformer rapidement ses connaissances théoriques en outils concrets, en prenant des décisions sous contraintes de performance, de coût et de sécurité. Cette expérience a considérablement renforcé sa pensée d’ingénieur et sa capacité à concrétiser des savoirs abstraits. Ces deux stages, l’un plus macro et institutionnel, l’autre plus opérationnel et rapide, ont formé une boucle complète entre compréhension et pratique.

▲ 彭泊洋在上海特斯拉超级工厂中与特斯拉Optimus机器人模型合影
En retraçant son parcours, un fil conducteur apparaît clairement : une immersion académique internationale précoce, qui, bien qu’ayant ralenti son rythme scientifique à court terme, lui a offert une initiation intellectuelle profonde. Cette vision interculturelle et la stabilité acquise à l’étranger lui ont permis d’éviter la précipitation et l’anxiété, de faire des choix affirmés et de déployer, dans la recherche, une énergie à la fois stable et résiliente.
À l’issue de son master, il a choisi de poursuivre en doctorat à la Shanghai Jiao Tong University. Ayant trouvé un domaine capable d’entretenir sa passion sur le long terme, il aspire désormais à une exploration plus approfondie et plus systématique.
L’histoire de Peng Boyang n’est pas marquée par des rebondissements spectaculaires. Elle ressemble plutôt à une rivière qui, après avoir rejoint un affluent, modifie son rythme et sa composition, s’écoulant avec davantage de stabilité et de clarté vers l’horizon qu’elle a choisi. Elle raconte le cheminement d’un jeune qui, à travers des expériences diverses, réfléchit, assimile et intègre, jusqu’à forger une force intérieure singulière et solide pour avancer.
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